samedi 18 juin 2016

Soutenance de thèse de Roberta Trapani

Le CrAB a le plaisir de vous annoncer que la soutenance de thèse de Roberta Trapani (membre du CrAB, chargée de cours à l’université de Paris-Ouest Nanterre et de Paris-Est Marne-la-Vallée) aura lieu le mardi 28 juin 2016 à l'Institut national d'histoire de l'art à 14h30(INHA, Paris, 2 rue Vivienne, salle Fabri-de-Pereisc, rez-de-chaussée). Cette soutenance est ouverte au public.

La thèse d’histoire de l’art de Roberta Trapani, intitulée « Patrimoines irréguliers en France et en Italie. Origines, artification, regard contemporain », s’inscrit dans le cadre d'une cotutelle internationale. Elle a été menée sous la codirection de Fabrice Flahutez (Université de Paris-Ouest Nanterre La Défense) et Eva di Stefano (Università degli Studi di Palermo).


Cuchi White, Lungotevere, Rome, 1975-1980


RESUMÉ 


Depuis les années 1930, un lent processus d’artification investit des lieux de vie embellis par leurs propres habitants avec des techniques improvisées. Considérés à l’origine comme des curiosités locales, ces sites sont révélés au monde de l’art par les surréalistes, qui amorcent leur documentation. Dans l’après-guerre, ils connaissent une réception de plus en plus enthousiaste au sein de certains milieux artistiques et seront annexés successivement à l’art médiumnique, à l’art naïf, à l’art brut, à l’outsider art, à l’architecture fantastique, entre autres, donnant lieu à une pléthore de définitions. Ces « environnements singuliers » seront alors souvent considérés comme l’expression spontanée d’impulsions intérieures, sans influences ni tradition.

Cette thèse propose de revenir aux origines de cette forme de l'expression humaine, en révélant le mouvement circulaire qui la relie, d’une part, aux cultures populaires et, d’autre part, aux courants officiels de l’histoire de l’art contemporain. Elle examine également les conditions de sa réception.

Tout au long de cette étude, les environnements singuliers sont questionnés dans leur capacité à associer des notions fondamentales – art, culture, authenticité, architecture, marginalité, ornemental, grotesque, baroque, patrimoine, entre autres – et à être saisis comme un outil efficient, contribuant à relancer un questionnement anthropologique sur l'habiter.

JURY

Fabrice Flahutez, Université de Paris Ouest Nanterre la Défense
Marianne Jakobi, Université Blaise-Pascal de Clermont Ferrand
Maria Grazia Messina, Université de Florence
Eva di Stefano, Université de Palerme

INFORMATIONS PRATIQUES

INHA (Institut National d’Histoire de l’Art)
2 rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs – Paris 2ème arrondissement.


Metro : Palais-Royal-Musée du Louvre (lignes 1 et 7), Bourse (ligne 3) ou Pyramides (lignes 7 et 14) 
La salle Fabri de Peiresc est située au rez-de-chaussée

La soutenance sera suivie d’un pot de thèse.
Dans la mesure du possible, merci de confirmer votre présence avant le 23 juin à l’adresse personnelle de Roberta Trapani : ro.trapani@gmail.com

lundi 14 mars 2016

Architecture & art brut au f'ar de Lausanne

Ce samedi 19 mars, à partir de 11h et jusqu’à 16h environ, se déroule au Forum d’architecture de Lausanne (f'ar) une journée de conférences organisée en collaboration avec la Collection de l’Art Brut dans le cadre de sa deuxième biennale intitulée Architectures. À cette occasion, la directrice de SPACES, Jo Farb Hernandez, l’historienne de l’art Roberta Trapani et l’architecte et peintre Arduino Cantàfora, prennent la parole.


Ici en lien le site web du f'ar avec quelques renseignements suplémentaires sur la journée et, ci-dessous, un court résumé de l'intervention de Roberta Trapani, membre du Crab.

Deux adolescents en train de peindre l'extérieur du Watts Art Center (Los Angeles). 
Sur le fond, on aperçoit les Watts Towers (1921-1954) de Sam Rodia.
Photo du 28 août 1966.

Roberta Trapani, Patrimoines irréguliers : des héritages à préserver par le biais de stratégies multiples (résumé)

Quand l’espace créé par un habitant-paysagiste devient officiellement partie du patrimoine collectif, une altération de sa nature se produit. D’éphémère, évolutif, anarchique, voire illégal, il devient un lieu reconnu, institutionnalisé, rendu accessible au grand public, muséifié. Sa conservation in situ semble nécessiter la perte de ce caractère performatif, processuel et relationnel qui fait sa particularité. Nous pouvons alors parler de « deuxième vie » de l'œuvre, mais ce compromis est-il inévitable ? En appliquant le principe que toute modification d’un bien patrimonial doit être subordonnée à la spécificité de l’œuvre, une question d’ordre déontologique se pose. La spécificité de ces œuvres-lieux consiste aussi bien en leur forme matérielle qu’en leur conception artistique immatérielle. Ne serait-il alors pas plus approprié de sacrifier toute considération pratique de fonctionnalité et d’efficacité, plutôt que cette spécificité, qui est historique et esthétique ? S’il s’avère souvent impossible de conserver sans altérer, des paramètres généraux visant à limiter cette altération peuvent être imaginés.

mardi 26 janvier 2016

Colloque "Actualité et enjeux critiques de l'Art Brut" - appel à communications

Le CrAB a le plaisir de relayer cet appel à contributions pour un colloque à Lausanne les 3 et 4 novembre 2016 en lien avec l'anniversaire des 40 ans de la Collection de l'Art Brut.

Toutes les informations au sujet des communications sont présentes sur les deux pages ci-dessous.


dimanche 18 octobre 2015

Ethique & patrimoine culturel : quid de l'art brut ?

Les mardi 20 et mercredi 21 octobre 2015, se tient à l'Ecole du Louvre à Paris un colloque intitulé : Éthique et patrimoine culturel. Regards croisés. A cette occasion, l'art brut sera interrogé au prisme des problèmes éthiques que soulève le processus d'artification propres aux objets qui lui sont indexés.

Ici en lien le programme de l'événement et ci-dessous un court résumé de l'intervention de Baptiste Brun, membre du Crab, pensée pour ce colloque.


Baptiste Brun, Art brut et artification : l'éthique en question (résumé)


Au sein du monde de l'art contemporain, la mode est à l'art brut entendu comme catégorie artistique. Initié avec la modernité du début du 20e siècle, le processus d'artification d'objets issus dans leur grande majorité des confins de la psychiatrie, de la déficience ou du handicap mental, semble aujourd'hui mené à terme avec leur patrimonialisation et leur marchandisation.
Paradoxalement, cette dynamique semble ne pas encore avoir entraîné une réflexion éthique digne de ce nom. Elle est pourtant nécessaire. Le statut particulier de ses objets (quant à leur genèse, à leur contexte de production, au statut social de leur auteur, etc) pose des problèmes inédits qu'il s'agit de répertorier et de critiquer. Ainsi l'envolée du marché se fait non sans une certaine absence de garde-fou juridique laissant parfois les auteurs d'art brut sur les bas-côtés de la plus-value. De même, des collectionneurs soucieux d'acquérir en nombre des œuvres rares le sont moins quand il s'agit de prendre en compte l'impact psychologique de leur lubie sur des auteurs fragiles, dont le travail s'apparente parfois à une raison d'être au monde et qui, dès lors, se sentent dépossédés.
Après avoir rappelé les principales caractéristiques du procès d'artification relatif aux objets apparentés à l'art brut – un « cas d'école » pour ce champ théorique (Heinich, Schapiro 2013) –, je présenterai trois exemples illustrant certains problèmes éthiques relatifs à ce monde de l'art.
Là où l'artiste se voit presque entièrement confisqué l'autorité du discours, dans un « passage à l'art » où le sujet de l'art est plus que jamais le supposé « découvreur » qui rend publique sa « découverte », c'est à dire la rend monnayable, le pouvoir de l'argent n'est pas loin, redistribuant les rôles. La course à la légitimation scientifique doublée d'une pratique vivace d'abus de langage de la part de ces amateurs instaurent une lecture à double-tiroir, masquant l'interactionnisme constitutif de l'art brut (là où se rencontrent deux sujets) sous le vernis d'un essentialisme dangereux.

 

samedi 12 septembre 2015

Exposition "Pascal Vonlanthen" à Fri Art

Portrait de Pascal Vonlanthen devant ses oeuvres exposées à Fribourg

Pascal Vonlanthen du CREAHM Fribourg expose à FriArt, Centre d'art contemporain de Fribourg, du 5 septembre au 25 octobre 2015. Après sa participation à l'exposition "Dix sur Dix", il présente une nouvelle série d'œuvres caractérisées par l'écriture.

"Sans titre" ("art"), 2015

Elles sont le résultat d'une pratique rituelle consistant à énumérer les personnes et les choses qui l'entourent. Si les lettres ont perdu la fonction de signifier, leur disposition rythmée et leur élégance graphique inventent une nouvelle forme de communication, musicale et incantatoire.

Commissariat : Laurence Cotting, Balthasar Lovay


Couverture du catalogue

Catalogue (48 p. / fra/all) avec textes de Vincent Capt, Balthasar Lovay et Katrine Luchsinger

Plus d'infos sur : http://www.fri-art.ch/#textbis115