samedi 24 mai 2014

Au Cyclop dessillant : Tinguely et l’art brut

Dans le cadre du Festival d'histoire de l'art de Fontainebleau, Baptiste Brun, cofondateur du CrAB, donnera une conférence au Cyclop de Jean Tinguely à Milly-la-Forêt le dimanche 1er juin prochain, de 14 à 15h. Il y sera question du rapport de Jean Tinguely avec des productions apparentées à l'art brut.

G.Podesta, La cure d'amaigrissement, anc. coll. Tinguely
Milly-la-Forêt, Le Cyclop


"Au sein du Cyclop, des niches ont été ménagées pour recevoir des sculptures du manœuvre italien Giovanni Podesta. Ce goût qu’entretint Tinguely pour des productions réalisées en marge du monde de l’art était déjà manifeste dans son Hommage à H.A. Müller (1962). Sa conception même de l’art fut éclairée par ces auteurs indexés à l’art brut."

"Au Cyclop dessillant : Tinguely et l’art brut"
01/06/2014 - 14h00 à 15h00 Le Cyclop

vendredi 23 mai 2014

Poétique des écrits bruts, Université de Lausanne, mardi 27 mai 2014

A l'Université de Lausanne, mardi 27 mai, Vincent Capt présentera ses travaux autour de la poétique des écrits bruts, en présence de Sarah Lombardi (Directrice de la Collection de l'Art Brut).

"La pensée de l'art développée par Jean Dubuffet sous le nom d'"art brut" passe par le langage et concerne les textes autant que les dessins, les peintures ou les sculptures. D'anciens écrits asilaires conservés à la Collection de l'Art Brut, à Lausanne, seront ici présentés et analysés. Ces "histoires de fou" posent à la critique des difficultés théoriques nombreuses et souvent inédites – autant de problèmes qui impliquent de s'ouvrir à une poétique de l'énonciation, dans le prolongement d'Emile Benveniste et d'Henri Meschonnic.
Les "écrits bruts" déplacent la question de l'altérité de l'aliéné vers le langage. Déplacement historicisé. Moderne par excellence. C'est ce déplacement qui fait le brut de l'art."

Mardi 27 mai 2014, 17h15
UNIL, Anthropole, salle 3032
Vincent Capt est docteur en langue et littérature françaises, enseignant-chercheur et cofondateur du CrAB
Renseignements : Jerome.Meizoz@unil.ch


vendredi 9 mai 2014

Imaginary world : Scottie Wilson & Art Brut (Ottawa, Carlton University Art Gallery)

Du 12 mai au 7 septembre 2014, la Carlton University Art Gallery d'Ottawa présentera une exposition intitulée Scottie Wilson & "Art Brut". Les commissaires d'exposition - Pauline Goutain (membre du CrAB) et Jill Carrick (Professeure d'histoire de l'art contemporain à Carlton University) - reviennent sur l'histoire de Scottie Wilson (1888-1972) et de sa réception.

Scottie Wilson, Eastern Town, 25,5x37,5cm, encre, crayons de couleur, crayon sur papier
Carleton Univerity Art Gallery, 1988.1

L'exposition se propose de revisiter l’œuvre de cet artiste en mettant au jour ses contacts avec le monde de l'art et l'influence que le Canada a pu produire sur ses dessins. 
Cet accrochage a été permis grâce à la redécouverte récente d’œuvres dans les collections canadiennes.

mercredi 7 mai 2014

Parution du quatrième numéro des Cahiers de l'Ecole du Louvre avec l'art brut en ligne de mire

Le quatrième numéro de la revue en ligne des Cahiers de l'Ecole du Louvre. Recherche en histoire de l'art et muséographie vient de paraître. Il fait suite à la journée d'étude qui s'est tenue le 4 juin 2013 à l’École du Louvre, consacrée aux collectes dans les mondes de l'archéologie, de l'ethnographie et de l'art. Réunies par Dominique Jarrassé, les contributions des auteurs interrogent les multiples modalités de la collecte d’œuvres d'art et autres artefacts : rapt, troc, marché, fouilles, etc. Une partie de ce dossier est consacrée à l'art brut, avec des contributions de membres du CrAB.


Baptiste Brun traite des liens de Jean Dubuffet avec le monde de l'ethnographie autour de 1945, notamment les relations entretenues avec l'océaniste Patrick O'Reilly autour des dessins de Somuk. Vincent Capt revient quant à lui sur le cas exemplaire de la collecte des lettres de Samuel Daïber à l'hôpital psychiatrique de Péreux, pour mieux saisir "une historicité qui passe du monde de la médecine psychiatrique à celui de l’art". Déborah Couette s'est penchée sur l'influence de l'entreprise de Dubuffet sur les prospections de l'association L'Aracine autour de 1980, "regard-pilote" écrit-elle. Roberta Trapani s'interroge sur le morcellement d'ensembles immobiliers apparentés à l'art brut et les tentatives de restitution de ceux-ci dans le monde muséal aujourd'hui.

La revue est en ligne.


Dossier « Les modalités de la collecte : rapt, troc, marché, fouilles, don.. Et leur impact sur l’objet » 
Cahiers de l'École du Louvre. Recherches en histoire de l'art et muséologie, n°4, avril 2014 [en ligne], textes réunis par Dominique Jarrassé avec des contributions de Aglaé Achechova, Julien Bondaz, Baptiste Brun, Vincent Capt, Déborah Couette, Louise Detrez et Roberta Trapani

jeudi 20 mars 2014

L'art brut comme outil d'ébranlement épistémologique : primitivisme et histoire de l'art

Paris/Institut National d'Histoire de l'Art
Séminaire du CrAB (salle W.Benjamin)
Samedi 29 mars 2014
10h00 – 12h30





Dans le cadre de son séminaire, le CrAB invite à un travail collectif sur la capacité d'ébranlement épistémologique propre à l'art brut. Les disciplines qui l'interrogent se voient en effet interroger par lui en retour, comme sous l'effet d'une réplique. Notion opératoire (C. Delavaux, 2010), l'art brut a cet effet stimulant d' « affoler » nos grilles de lecture (V. Capt, 2013). En ce sens, il permet de penser de manière critique les différentes strates sur lesquelles repose l'assise même des disciplines qui le prennent comme objet d'étude (littérature, linguistique, histoire de l'art, anthropologie, etc). L'art brut engage ainsi à questionner certains de leurs fondements qui restent des impensés : la notion inventée par Jean Dubuffet permet, justement, de les penser.
La séance du 29 mars 2014 consistera à initier cette réflexion du côté de l'histoire de l'art. Baptiste Brun, docteur en histoire de l'art et cofondateur du CrAB, reviendra sur les méthodes mises en œuvre dans sa recherche de thèse et les conclusions qui furent tirées de ce travail. L'art brut sera envisagé comme partie intégrante d'une critique du primitivisme entreprise par Dubuffet dans l'immédiat après-guerre. Plus avant, il s'agira de produire un prolongement de cette critique du primitivisme, celui-ci étant entendu comme constitutif de l'histoire de l'art et condition de son exercice. Ce non sans prolonger à l'insu de la discipline elle-même certains postulats issus de sa genèse où darwinisme et racialisme se confondent. N'est-ce pas là le problème d'une histoire de l'art fondamentalement primitiviste qui s'esquisse ?

  • Céline Delavaux (2010), L'art brut, un fantasme de peintre. Jean Dubuffet et les enjeux d'un discours, (Préface de Gérard Dessons), Paris, Palette
  • Vincent Capt (2013), Poétique des écrits bruts. De l'aliéné vers l'autre de la langue, (Préface de Sarah Lombardi), Lausanne/Limoges, Collection de l'Art Brut/Lambert-Lucas
  • Baptiste Brun (2013), De l'homme du commun à l'Art Brut : « Mise au pire » du primitivisme dans l’œuvre de Jean Dubuffet (1944-1951), thèse de doctorat en histoire de l'art, soutenue le 25 juin 2013 sous la direction de Thierry Dufrêne, Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense / École du Louvre

Le séminaire est ouvert au public.
Il se tiendra exceptionnellement de 10h à 12h30 en salle Walter Benjamin, à l'Institut national d'histoire de l'art, 2 rue Vivienne, Paris, 2e, le samedi 29 mars 2014.

jeudi 16 janvier 2014

Grand écart sur les écrits. Des origines psychiatriques aux pratiques contemporaines du brut de l’écriture

Paris/Institut National d'Histoire de l'Art
Séminaire du CrAB
Samedi 1er février 2014
9h30 – 13h00

                                                    Alain Rault, écritures. Photo David Thouroude.

Ce que Michel Thévoz a désigné à partir de 1979 sous le nom d’«écrits bruts», dans le prolongement de l’invention de Jean Dubuffet, a principalement concerné certains écrits asilaires, sortis de leur condition psychiatrique à la suite de diverses prospections menées en France et en Suisse dans certaines archives médicales, tenues préalablement secrètes et anonymes. A l’origine (dès le dernier tiers du 19e), les médecins aliénistes s’étaient penchés sur ces écrits, avec le but principal d’établir le diagnostic de leurs patients, le langage étant, après l’anatomie et le comportement, le lieu de l’observation psychiatrique. Quels étaient les modes de leur lecture ? En quoi le langage a-t-il permis d’établir une première symptomatologie des troubles mentaux ? À ce niveau, quel rôle ont joué le signe linguistique et la rhétorique médicale d’alors ? Enfin, comment certains médecins ont-ils progressivement complexifié leur appréhension pour apparenter certains écrits de l’enfermement aux paradigmes de la poésie et de la littérature ?

Les origines psychiatriques des écrits bruts indiquent que leur saisie a posteriori comme œuvre est un moment de leur historicité: en retour, elles interrogent donc nos grilles de lecture et la capacité de ces écrits à modifier notre regard et, partant, nos savoirs, par l’attribution de nouvelles valeurs, voire l’invention de sujets. Aujourd’hui, quelles sont les écritures affiliées au brut ? Si les écrits de l’enfermement psychiatrique sont moins légion, il apparaît que certaines pratiques urbaines de rédaction, comme celle d’Alain Rault ou de Melina Riccio notamment, ont elles aussi la capacité de modifier notre lecture du monde. Au cours de leurs déplacements, ces «artistes marcheurs» transfigurent par l’écriture les murs des villes, mais ils font aussi de la marche un medium permettant d’oeuvrer, expérimenter et écrire la ville autrement.


                      Melina Riccio. Photo Marta Montacchini, 2010.

Cette matinée propose ainsi un «grand écart» sur les écrits bruts. Suivant une perspective historique inséparable d’une schématique spatiale : de l’exclusion psychiatrique entre quatre murs à celle gravée ou peinte sur les murs même de la cité ou encore tracée par des déplacements poétiques. Dans tous les cas, c’est l’entier de la société et de ses institutions que ces pratiques d’écriture savent interroger.


Programme

9h45-10h : Vincent Capt (Lausanne) - Accueil
10h-10h45 : Juan Rigoli (Genève) - «Lire le délire» : la lecture aliéniste des écrits asilaires
10h45-11h45 : Projection du film «Playboy Communiste» sur Alain Rault, en présence d’un des deux réalisateurs, David Thouroude
11h45-12h : Pause
12h-12h30 : Roberta Trapani (Palermo/Paris 10) - Melina Riccio et Alain Rault : une anthropologie des pratiques contemporaines du brut de l’écriture
12h30-13h : Synthèse et discussions


Cette matinée sera aussi l’occasion de vernir en France et de présenter l’ouvrage tout récemment paru de Vincent Capt, Poétique des écrits bruts. De l’aliéné vers l’autre de la langue (Lausanne/Limoges, Collection de l’Art Brut, Lambert-Lucas), disponible lors du séminaire et à partir de :

 

Rendez-vous samedi 1er février 2014
à partir de 9h30
à l'Institut National d'Histoire de l'Art
Salle Walter-Benjamin
2, rue Vivienne – 75002 Paris
Entrée libre

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Les prochaines séances du séminaire du CrAB à l'INHA se dérouleront les samedis 29 mars et 14 juin 2014.


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Par ailleurs, le jeudi 6 février 2014, de 12h à 13h, dans le cadre de l'exposition «Un autre regard. L'art hors-les-normes dans la murs de la Collection Sainte-Anne», Déborah Couette co-commissaire de la manifestation donnera une conférence sur la correspondance Alain Bourbonnais/Jean Dubuffet, intitulée «L'art hors-les-normes d'Alain Bourbonnais à travers la correspondance Alain Bourbonnais/Jean Dubuffet», au Centre d'Etude de l'Expression (Amphithéâtre Morel, 1 rue Cabanis, 75014 Paris).


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Toute l'équipe du CrAB vous souhaite une très belle année 2014!


dimanche 8 décembre 2013

L'imaginaire cybernétique : le cas Perdrizet (Journées d'étude les 16 et 17 décembre)

Pour annonce:

Les 16 et 17 décembre prochain, Jean-Gaël Barbara et Pierre Cassou-Noguès organise deux journées d'étude (Institut des humanités, Université Paris 7 ; Labex Arts H2H, Université Paris 8) autour de la figure de Jean Perdrizet. Vincent Capt, membre du CrAB, y participe. Ci-dessous, l'argument et le programme :



L'imaginaire cybernétique : le cas Perdrizet
Journées d'étude organisée par J.-G. Barbara et P. Cassou-Noguès
Institut des humanités, Université Paris 7
Labex Arts H2H, Université Paris 8




Jean Perdrizet (1907-1975) a dessiné des machines, des robots et des soucoupes volantes. Les dessins s'apparentent à l'art brut. Perdrizet les envoyait à des savants, français ou étrangers, à des institutions (CNES, NASA, Académie Nobel). Le but de ce projet est d'abord de tenter de constituer un inventaire de l’œuvre de Perdrizet, en explorant les archives de savants et des institutions concernés. Nous voudrions ensuite organiser deux « ateliers » pour interroger son œuvre sous les différents angles qu'elle appelle mais aussi réunir un maximum de renseignements biographiques. Dans un contexte où l'intérêt pour les relations de la science à un extérieur, imaginaire, culturel, est croissant, nous sommes convaincus que Perdrizet est un personnage de première importance. Notre projet entend rassembler cette œuvre qui aujourd'hui disséminée et en tant que telle inexistante, et proposer une première tentative d'interprétation de sa, de ses significations.

Lundi 16 décembre
Archives Nationales, site de Pierrefitte
(Métro Saint-Denis Université)
salle de commission 4

14h00 Introduction Jean-Gaël Barbara, Pierre Cassou-Noguès

Présentation du fonds des Archives Nationales Isabelle Aristide-Hastir (Archives Nationales)

14h30 Conférence
Savine Faupin (LaM Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut)

15h30 Pause

15h45 Conférence
Vincent Capt (Université de Lausanne)

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Mardi 17 décembre
Université Paris 7, Bâtiment Condorcet
 

4, rue Elsa Morante, 75013 Paris
Salle Gris 734A

9h30 Conférence
Ronan Le Roux (Université Paris 1)

10h30 Pause

10h45-12h15 Table ronde
Emilie Champenois (Université Paris 8), Sara Touiza-Ambroggiani (Université Paris 8)