vendredi 15 novembre 2013

Séminaire du Collectif de réflexion autour de l’art brut à l’Inha, Paris, 30 novembre


L’énergie de l’art fait-elle valser les meubles ?

Art brut, Gestaltung et spiritisme
 
Samedi 30 novembre 2013
à 9h30 heures
Salle W. Benjamin, Inha, Paris


 
Jean Dubuffet opposait à l’« art brut » une notion tout aussi complexe : celle d’« art culturel ». Ce qui manquait selon lui à la « culture » – à la conception et à la pratique de l’art qui en découlent –, c’était une « force vitale ». Cette vie, cette énergie dont témoignerait une création « brute », Anne Boissière en retrouve la trace dans les théories de Hans Prinzhorn. Cette énergie, ce mouvement, Emmanuel Pernoud la traque dans les représentations artistiques et littéraires spirites.
Est-ce dire que l’énergie de l’art fait valser les meubles ? Telle est la question que nous nous poserons avec nos deux invités à l’occasion du prochain séminaire du CrAB.
 
Anne Boissière – Vie, Gestaltung Dubuffet avec Prinzhorn
Jean Dubuffet condamne la culture, c’est-à-dire l’intellect, pour autant qu’il ne cesse de promouvoir un autre critère dans son appréciation et sa définition de l’art : celui d’une énergie ou d’une vie, présente ou affleurant dans les images, et qui s’imposerait d’emblée au regard. De quelle sorte est faite cette vie qui défie les critères conventionnels de l’esthétique ? L’effort d’une théorisation s’en trouve dans le livre de Hans Prinzhorn, Bildnerei der Geisteskranken, sous la catégorie de la Gestaltung qui oblige à remettre en chantier la question de l’art, des images et de la forme.
> Anne Boissière enseigne l’esthétique et la philosophie de l’art à l’université de Lille 3 où elle a dirigé le Centre d’étude des arts contemporains (CEAC). Elle est l’auteur de La Pensée musicale de Theodor W.Adorno, l’épique et le temps (Beauchesne, 2011),  « Adolf Wölfli et Carl Gustav Jung », Adolf Wölfli Univers, (LaM, 2011) et « La naissance de l'art brut 1945-1952 : une part américaine ? », Art brut : une avant-garde en moins ?, (L'Improviste, 2011).  Elle collabore régulièrement avec le LaM à Villeneuve d’Ascq.
 
Emmanuel Pernoud – Le spiritisme, une histoire de meubles ?
Avant de faire parler ou dessiner les esprits, le spiritisme se présente comme un certain usage des tables et des guéridons. Il est des tables tournantes, comme il est des tables à écrire, à ouvrage, à manger, ou des tables de jeu. Nous tenterons de replacer le spiritisme dans cette « valse des meubles » dont les représentations artistiques et littéraires nous offrent d’autres exemples.
> Ancien conservateur des collections d'estampes contemporaines à la Bibliothèque nationale de France, Emmanuel Pernoud est historien del’art contemporain et enseigne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Il est l’auteur de L’Invention du dessin d’enfant en France à l’aube des avant-gardes (Hazan, 2003), L’Enfant obscur. Peinture, éducation, naturalisme (Hazan, 2007) et a récemment publié Paradis ordinaires. L’artiste au jardin public (Les Presses du réel, 2013).
 
Séance organisée par Déborah Couette et Céline Delavaux
 
Rendez-vous
Samedi 30 novembre 2013
à 9h30 heures
Institut national d’histoire de l’art
Salle Walter-Benjamin
2, rue Vivienne – Paris, 2e

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